Comme il est dure de se dire que tout peut se finir dès à présent. Ne plus pouvoir te dire des "je t'aime" tout bas. Ces mots auquels tu as donné un sens, me torture depuis que je les sens s'éfriter, se briser et m'égratigner. C'est comme si on me forçait à avaler des litres et des litres d'eau glaçée. Tu sais bien, l'eau glaçée ça brûle. Ca pique. Ca tue. J'ai envie de détruire tout ce qu'il y a de beau, pour que tout devienne dégueulasse. Aussi dégueulasse que ma vie. Et puis tu sais, c'est pas comme si c'était la première fois que je souffrais. Je devrais m'habituer à force. Mais c'est con vois-tu, je ne m'y fais pas. Je me rappelle le temps où je chérissais tout ce qui de loin où de près faisait mal. Dans la tête. Au corps. J'ai des larmes rondes comme mon bidon qui viennent s'écraser sur mes joues, ricocher sur mes seins pour finir infîmes sur l'asphalte. Je ne sais plus où j'en suis. Mes mots s'entremèlent. Il y a mieux comme déclaration d'amour tu ne trouves pas ? Je veux bien sacrifier mon bonheur pour le tien. Je veux bien arrêter d'être si seulement tu pouvais à nouveau aller ... Bien. Camille a déjà eu mal au coeur pour des garçons, tu peux y aller, il s'en remettra. Ne t'en veux pas du mal que tu me fais. Au fond je n'ai qu'à m'accrocher à nos souvenirs comme on s'accroche à la vie. Je me les trimbalerais nuits et jours, comme un vieux journal intime. Tout propre pour commencer. Mais le temps est assassin, il finira par me les froisser, comme il froisse les vielles personnes. Peut-être comprendrais-je alors. Suis-je bête. Comme si on était déjà plus ensemble. Mais c'est tout comme non ? Tu ne sais juste pas comment me le dire. Tu n'arrives pas encore à trouver les mots qui me charcuteront aussitôt sortis. Mais peut-être qu'au contraire, tu me serreras fort dans tes bras, me suppliant de te pardonner pour toutes ces larmes gaspillées. Tu me diras enfin que tu m'aimes,et que tu t'es trompé. On fera marche arrière à deux. On écrira une nouvelle histoire. Pourquoi s'écrivent-elles d'ailleurs si facilement ? Pourquoi ne peut-on pas aussi aisément manipuler la réalité ? Je voudrais bien d'un coup de gomme pouvoir éffacer nos passés, et rayé au feutre indélibile tes doutes. Je déssinerai au crayon rouge un joli coeur, au creux duquel notre amour logerait, sous l'oeil avisé d'un Cerbère nouvelle génération. Le doute. L'envie de solitude. La lassitude. La routine. Banis. Rien ne viendrait endommager notre cocon d'amoureux. Un Mini Bulle et son