J'aime tellement faire danser les mots, que j'en perds mon latin. Je n'arrive plus à exprimer ce qui me ronge. Alors voilà, chers lecteurs, j'oublie mon style, je laisse ma plume de côté, et je me contente de griffoner tout ce qui me rend folle. Sans même prêter attention à ma synthaxe, sans même chercher à me faire comprendre, ni même corriger mes fautes. Je laisse mon coeur guider mes mains. Ca me tue. C'est comme si plusieurs Camille campaient en moi. Chacune souffrant des mêmes maux, mais réagissant toutes différemment face à tout ce bordel. Elles sont révoltées. Certains diront que c'est l'âge qui veut ça. Et si l'adolescence était la seule période de notre vie où l'on comprend que le monde va de travers. L'âge adulte ne serait que le moment où chacun se résigne, devenant alors un parfait petit mouton. Ainsi soit-il ! Je me plains souvent de trop souffrir de vivre sur cette putain de Terre où tout est voué à l'échec. Mais si ne plus souffrir signifie être formatée, alors foutez moi le camp et laissez moi souffrir. Je pleure en pensant à ces pauvres enfants qui ne naissent que pour quelques mois, et dont la souffrance n'est que l'inéluctable destin. Serait-ce la faute à pas de chance ? Je croyais qu'on était tous égaux moi, mais je me rends comptes que ce ne sont que des foutaises pondues par des Hommes qui ne savaient que faire de leur belles paroles. Pourquoi certains naissent avec une chance et d'autres en étant condamnés ? J'échangerai ma place contre la leur. Juste pour qu'eux aussi puissent profiter de cette chance qu'on nous a tous promis. Je me déteste, je me hais, je m'en veux ... Paraît-il que c'est comme ça, qu'on n'y peut plus rien. Je refuse de me résoudre à cette triste réalité. Si j'en avais la force et le courage je déplacerais des montagnes pour eux, mais je suis bien trop égoïste. Je suis égoïste, comme nous tous. Mon petit confort, mes chaussures à talons et mes robes de soirées sont bien trop nécessaire à ma petite personne. Au fond, je n'y suis pour rien si je suis née du bon côté de la Terre. Pourquoi souffrirai-je pour des gens qui ne peuvent même pas penser une seule seconde que moi aussi, je peux avoir mal. Que moi aussi, je me demande si la Terre n'est pas tombée sur la tête. Que moi aussi je pleure en silence dans mon lit. Que moi aussi j'en ai marre. Mais marre de quoi joli coeur ? De quoi peux tu bien en avoir marre à t-on âge ? Comment oses-tu te plaindre ? Pleures, tu as raison, car personne ne pleurera ta petite vie minable de fille bien-née... Ainsi soit-il !